Pollution dans le métro: alerte aux particules fines ?

Pollution dans le métro

Dans le métro comme à l’air libre, l’air est chargé de micro particules et autres polluants. Quelle est la pollution dans le métro ? D’où vient-elle? Quelles conséquences sur la santé?

Au cours des années 2000 différentes sociétés de transports publics se sont rapprochés d’expert de la qualité de l’air (Par exemple : Lyon : SLTC & Air Rhônes-Alpes ; à Rennes : Rennes Métropole & Air Breizh) afin d’étudier de mesurer les composants de l’air souterrain. A Paris, AirParif et la RATP ont signé depuis déjà 10 ans une convention de partenariat afin de mesurer l’ensemble des polluants présent dans l’air en souterrain: c’est le projet SQUALES (Surveillance de la Qualité de l’Air de l’Environnement Souterrain). Pour l’ensemble des initiatives, sont mesurés :

  • Des composants chimiques (NO, NO2, CO2)
  • Des micros particules (PM10 et PM2,5) en masse et en quantité
  • Les données climatiques classiques (Température et Humidité)

Apres avoir épluché les differents rapports, la principale conclusion est que la concentration des composants chimiques est largement comparable aux mesures effectuées à l’air libre, voire un peu moins concentrée dans les souterrains car il n’y a pas ou peu de sources produisant ces polluants. Concernant les micros particules, il est primordial de différentier la concentration massique et la concentration en nombre. En effet, si la concentration massique des micros particules dans le métro est particulièrement élevée voir alarmante, ce n’est pas le cas de la concentration en nombre. En bref, il y a moins de micro particules dans le métro, mais elles sont beaucoup plus lourdes. Les seuils d’alerte exprimé en concentration massique (µg/m3) ne sont donc pas adaptés au métro. Il faut donc relativiser largement les titres parfois dramatiques de nos quotidiens préférés (cf  MétroNews : Air plus pollué dans le métro que sur le Périph‘)

pollution metrp1

Comment expliquer les micros particules de la pollution dans le métro ?

Les particules fines de surface sont largement produites par la combustion (dans les moteurs, dans les chauffages etc.). Ces sources de particules fines ne sont pas présentes dans les souterrains, à l’exception – notable – des engins de maintenance qui sont alimentés par des moteurs diesel. Les principales sources de particules fines du sous sol sont donc :

  • Le renouvellement de l’air : l’air du métro est renouvelé entre 4 & 40 fois par jour (c’est le très grand courant d’air de certaines stations), donc les PM de l’atmosphère se retrouvent inévitablement dans les souterrains,
  • Le freinage des trains d’ancienne génération (le freinage se faisant par friction métal-métal ou bois-métal) et les contacts rails-roues,
  • Le sable utilisé pour augmenter l’adhérence au freinage et dans les côtes, qui est pulvérisé par le train,
  • Les pneus, dans le cas des métros pneumatiques,
  • Les trains de travaux qui fonctionnent au diesel.

Les micro particules résultantes sont majoritairement métalliques, et largement plus lourdes que les micro particules organiques issues des reactions de combustion. Ceci explique donc des concentrations massiques élevées, sans que les quantités de particules fines relevées soient anormales.

Métro-fumée-Moscou

Quels effets sur la santé ?

Les très nombreux usagers des transports seront sensibles aux effets de la pollution dans le métro. Dans les micros particules métalliques, il y a l’effet des micro particules à proprement parler et l’effet des métaux.

  • L’effet des micro-particules est bien documenté, et les effets nocifs sont classiquement des affections cardio-respiratoires, des démangeaisons, et des affections oculaires.
  • A contrario, l’effet du métal dans les micro-particules est mal documenté, pas ou peu d’étude clinique ont été réalisée sur ce thème. Il faut noter qu’il ne s’agit pas principalement de métaux lourds (type Plomb), mais plutôt du Fer, Cuivre et Chrome. A l’exception étonnante de la ligne 7bis du métro parisien qui présente des concentrations en Plomb 3x supérieure aux autres réseaux (étude réalisée à Paris, Toulouse, Rouen, Lille, Marseille et Rennes).

PourPour les usagers des transports en commun, la durée d’exposition à la pollution dans le métro étant relativement courtes, les effets de cette concentration en particules fines n’est pas différentiable des effets liés à la pollution atmosphérique, ou de la pollution des lieux d’habitation. En revanche pour les employés travaillant en souterrain, et principalement les agents d’entretien (plus que les conducteurs), les effets de la pollution dans le métro sont plus importants et documentés.

D’un point de vue global, un usager des transports reste largement moins exposé qu’un automobiliste dans sa voiture car le nombre de microparticules et la concentration en polluant chimique sont inférieurs en souterrain qu’à la surface. En plus de cela, un train génère significativement moins de particule qu’une voiture.

Comment améliorer la situation ?

Les principales pistes pour améliorer la situation sont l’utilisations de nouvelles technologies pour les trains :

  • le freinage régénérateur des trains modernes fonctionne par induction, donc sans friction, et permet de restituer une partie de l’énergie du freinage sous forme électriques,
  • l’amélioration de l’aérodynamique des trains pour éviter qu’ils ne soulèvent trop la poussière (dont les micros particules),
  • pour les trains de travaux, remplacer les moteurs diesel par une source d’énergie non polluante.

Cela implique donc de remplacer le matériel roulant.

D’autres pistes sont étudiées pour faire circuler l’air depuis les stations vers les tunnels, et non l’inverse qui est le cas actuellement. Cette option semble plus complexe, et moins pérenne :il s’agit de cacher la poussière sous le tapis dans le tunnel!

Mais surtout, limiter la production de micro particules en surface évitera qu’elles descendent dans les souterrains.

Pour conclure, le port du masque dans le métro est recommandable en souterrain comme en surface dans le cas de pic de pollution et pour les personnes fragiles, mais l’air du métro reste largement plus respirable que celui du périph’!

Sources:

http://www.ratp.fr/fr/ratp/r_6167/la-qualite-de-lair-dans-les-espaces-souterrains/

http://data.ratp.fr/explore/?refine.keyword=Qualit%C3%A9+de+l%27air

https://www.anses.fr/fr/system/files/AIR2011sa0265Ra.pdf

One Response

  1. Amadou Dia 6 juin 2016

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