Composition de la pollution atmosphérique

L’atmosphère est plus ou moins contaminée par divers polluants émis par la nature ou par les activités humaines. La pollution atmosphérique naît d’un déséquilibre entre l’apport de polluants et leur capacité de dispersion ou transformation dans l’environnement.

On distingue principalement 2 grandes familles de pollutions atmosphériques, les polluants primaires et secondaires dont les concentrations peuvent menacer la santé.

Les polluants primaires

Les polluants primaires, directement rejetés dans l’atmosphère, proviennent des rejets du trafic routier, des émanations d’usines, de l’agriculture et des chauffages. Parmi ces polluants on trouve :

  • Les particules fines (PM10 et PM2.5). Les PM ou particules en suspension (Particulate Matter) sont de fines particules solides ou liquides, transportées par l’eau ou l’air. Lorsqu’elles ne sont pas d’origine naturelle, elles sont provoquées par l’activité humaine à travers les chauffages domestiques au bois, les centrales thermiques, les carburants fossiles utilisés pour les véhicules… Invisibles à l’oeil nu, les particules PM10, de taille inférieure à 10 micromètres (µ) sont retenues au niveau du nez et des voies aériennes supérieures. Les particules fines ou PM2,5, inférieures ou égales à 2,5 micromètres (de la taille des bactéries) se logent facilement dans les alvéoles pulmonaires. Les particules les plus fines, PM 1 et inferieures peuvent passer la barrière alvéolo-capilaire. L’essentiel des des pics de pollution lors des dernières années à Paris étaient dus aux particules fines.
  • Le dioxyde de soufre (qui produit de l’acide sulfurique au contact de l’eau), rejeté par les activités industrielles y compris celles liées à l’énergie (centrales thermiques), les chauffages résidentiels ou professionnels et la combustion du fuel, du charbon, du gazole….
  • Les oxyde d’azote qui (produit de l’acide nitrique au contact de l’eau) engendré par le trafic routier (moteurs diesels notamment) et le chauffage (pour 20%)
  • Le monoxyde de carbone issu des gaz d’échappement des véhicules et des combustions incomplètes (chauffage domestique mal réglées par exemple)
  • Les hydrocarbures légers et composés organiques volatils (COV). Ces substances sont libérées par l’évaporation des carburants des stations service, par les gaz d’échappement ou l’usage domestique de solvants. Certains hydrocarbures comme le benzo(a)pyrène sont cancérigènes et tous sont source d’inconfort respiratoire. Airparif est particulièrement attentif aux composés organiques comme le benzène, le benzo(a)pyrène, le toluène, l’ortho xylène ou le formaldéhyde.
  • Les métaux (plomb, mercure, arsenic, nickel, cadmium…). Ces métaux sont issus de la combustion des pétroles, charbons, ordures ménagères, combustions industrielles… L’interdiction de l’essence plombée en 2000 a fortement limité la présence de plomb dans l’air francilien.

Les polluants secondaires

Ces polluants sont issus de réactions chimiques de gaz entre eux (polluants primaires) et ne sont donc pas émis directement dans l’air. Il s’agit :

  • De l’ozone (O3), un polluant photochimique, (présent surtout l’été), issu de la transformation chimique de l’oxygène en contact avec des hydrocarbures et des oxydes d’azote, dans un environnement chaud, exposé aux rayons UV. L’ozone est notamment à l’origine d’un type de smog, une brume brunâtre qui stagne de temps à autre au-dessus de grandes villes comme Paris et limite la visibilité dans l’atmosphère
  • De dioxyde d’azote qui provient en grand partie de l’oxydation du monoxyde d’azote rejeté dans l’air par l’ozone.

Polluants suivis et polluants réglementés

Airparif surveille une soixantaine de polluants atmosphériques, trop nombreux pour être suivis dans leur ensemble. Les polluants sous contrôle sont ceux qui caractérisent un type de pollution particulier (industrielle, automobile, domestique), qui servent de référence pour des études sanitaires (fumées noires) ou qui montrent un réel danger pour la santé et l’environnement. Ils sont mesurés de manière régulière au moyen d’appareils adaptés. Une quinzaine de polluants sont soumis à une réglementation française et européenne en raison de leurs effets sur la santé et l’environnement.

Seuils OMS

Pour les polluants surveillés sur le site d’Airparif, les valeurs recommandées par l’OMS s’élèvent à :

  • PM10: La valeur recommandée en microgrammes par mètre cube d’air pour les PM10 est de 50 µg/m³ en moyenne calculée sur la période d’une journée.
  • PM2,5: Pour les PM2,5 qui ne sont pas réglementées, l’OMS recommande une moyenne annuelle de 10 μg/m3 et 25 µg/m3 à ne pas dépasser plus de 3 jours par an.
  • Ozone : 180 µg/m³ (moyenne horaire)
  • Dioxyde de soufre : 300 µg/m³ (moyenne horaire)
  • Dioxyde d’azote : 200 µg/m³ (moyenne horaire)

Les seuils d’alerte

Le seuil d’alerte correspond à un degré de concentration d’un ou plusieurs polluants dans l’air au-delà duquel une exposition de courte durée constitue un risque pour la santé humaine, pour la dégradation de l’environnement, justifiant la mise en place d’une procédure d’urgence.

Les différents niveaux d’alerte sont :

  • Pour les PM10 : 80 µg/m³ (moyenne calculée sur la période entre 0 et 24 heures)
  • Pour l’Ozone : 3 niveaux d’alerte (240 µg/m³ – 300 µg/m³ – 360 µg/m³ en moyenne horaire), qui entraînent l’activation ou le renforcement de mesures.
  • Pour le Dioxyde de soufre : 500 µg/m³ (moyenne horaire, dépassé pendant 3 heures consécutives)
  • Pour le Dioxyde d’azote : 400 µg/m³ou 200 µg/m³ (moyenne horaire)

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